Oui, j’ai été à l’avant première du Grand Rex, oui j’ai masse de retard pour donner mon compte rendu de la projection. (faut pas croire, mais je suis quelqu’un d’occupée, si si) Mieux vaut tard que jamais:
Donoma, c’est avant tout l’histoire d’un jeune homme originaire de Port au Prince ne se promettant qu’une chose : «faire [son] premier film avant ses 30 piges ». L’aventure commence alors là. Djinn Carrénard prépare un film qu’il nommera Donoma avec des comédiens qui ont nourris sont parcours cinématographique avant ça. Inconnue aux yeux de la profession, la minuscule équipe se charge de faire un buzz sur internet en promouvant un film fait avec… 150 euros. Après deux ans à tenter de se faire connaitre, à arpenter les festivals d’ici et d’ailleurs et à trouver un distributeur c’est le samedi 5 novembre 2011 au Grand Rex que Carrénard présente son film en avant première comme sur un plateau d’argent.Verdict de la soirée ?

A présent dans les salles, Donoma c’est avant tout l’histoire de nombreux cœurs brisés qui se croisent et s’entrecroisent pour finalement se connaitre sans se côtoyer pour autant. De la séduisante professeur qui entretient une histoire passionnel et atypique avec le cancre de sa classe, pour y découvrir une jeune fille inexpérimentée cherchant à vivre un émoi amoureux et silencieux avec le premier inconnu du métro, en passant par une adolescente prise de folie pour Dieu, sans oublier un couple qui au contraire se déchire, Donoma est un concentré de sentiments multiples mais qui se rejoignent pour n’y laisser qu’une seule définition de l’amour : la passion. Bourrés de vivacités, parfois tristes et parfois drôles, Carrénard dépeint des portraits ordinaires. A tel point qu’on jouit de la banalité de ces personnages et de la façon dont, malgré nous, on s’identifie invraisemblablement dans chaque parole, chaque pensée, chaque souffrance évoqués dans le film. L’insolence des personnages nous parlent. On aimerait être eux. Puis on se rend compte que, sacrebleu, on est eux. Les acteurs, en totale improvisation, sont d’une spontanéité et d’un charisme indéniable. La caméra, passive et active à la fois, semble ne jamais s’arrêter de filmer ; sublimant chaque geste, chaque mot, chaque démarche de façon à n’ébranler ni l’acteur, ni le personnage que celui-ci interprète, ni le spectateur. Donoma, c’est l’histoire de personnes qui s’aiment et se déchirent mais, allez savoir pourquoi, c’est heureux et jouissant d’une insolence enfouie jusqu’ici qu’on en ressort. A croire que la souffrance nourrit nos vies.
Djinn Carrenard a rempli le Grand Rex avec une promotion fait à partir de rien, laissant le souvenir d’un jeune cinéaste sautant de joie sur la scène de cette salle incontournable, donnant espoir au cinéma indépendant et lui redorant ses lettres de noblesse. Donoma –«le jour est là » en langue sioux- c’est une insolente liberté de poésie, d’expression, de production, de promotion, de marketing et de distribution. Oui, Donoma est une véritable liberté de cinéma.
Méla.